PASCAL KENO DIATTA
Pascal Diatta, comme on l'appelle, était un artiste extraordinaire. Polyglotte, il n'avait pas besoin de répétitions pour improviser la chanson qu'il avait en tête, tout lui venait naturellement. Mieux connu sous le nom de Kéno, la superstar a marqué la culture balante, la sortant des profondeurs de Balanta-Kunda et la diffusant vers l'Ouest.
Accompagné de sa femme de l'époque, Sona Mané, la Reine actuelle de Njaama Naaba, qui agissait comme chœur, l'ambassadeur éternel de Bja transcendait les motivations et donnait de l'espoir à cette communauté qui cherchait à s'établir culturellement dans un pays cosmopolite, où il fallait être artistiquement fort pour faire ressortir l'image de son peuple.
Doté d'un talent de génie, "Nvanda ou Nvan Njayé" pour ses connaissances les plus intimes, il a réussi à exporter sa musique malgré des moyens modestes à sa disposition. De Balanta-Kunda à Bafata, en passant par Birkama, Banjul, Séré-Kunda, Dakar ou Taali-Nding, l'homme attirait les foules. Sa musique reflétait la vie quotidienne des habitants du Sud, en particulier des Balantes. Pascal avait tout ce qu'un bon artiste devait avoir pour être au top ; il était un véritable artiste - un véritable talent.
Si la musique le nourrissait, Pascal Kéno Diatta était sur le point de devenir millionnaire, voire peut-être milliardaire. Ses œuvres que nous, les amateurs de musique, apprécions aujourd'hui sans lui payer un sou, méritent reconnaissance et récompense de la part des autorités des peuples du Sud. Ils doivent à leur tour travailler à la réhabilitation de certaines héritages cachés de la Casamance. De son vivant, "Diatta Njaay" représentait toutes les populations du "Casa di Mansa" (Balantes, Joolas, Mandingues, Peulhs, etc.) à travers ses chansons.
Aujourd'hui, sa musique continue de résonner et d'émouvoir. Les anciens vont même jusqu'à dire qu'il n'était pas seulement un artiste balante, mais aussi un représentant des groupes ethniques minoritaires. Si Njaama Naaba, l'Afro-C de Paco Diatta, les artistes Zakaria Diatta, Fanta Diatta, Mama Sadio, etc., ont osé affirmer leur identité balante, c'est en partie grâce à Kéno, qui a changé le cours de la culture balante en "guitarisant" celle-ci.
Souffrant d'une maladie qui l'a contraint à mettre sa carrière en pause, Pascal est devenu rare et les nouvelles à son sujet étaient difficiles à trouver. Le 3 octobre 2017, de mauvaises nouvelles sont tombées sur Balanta-kunda.
Pascal Kéno Diatta a rendu son dernier souffle à Simban-Brassou, montant au ciel avec sa belle voix accompagnée de sa légendaire guitare, chantant pour nous "Fran-Kunda Bzéjoma gafü", "Sirifo Aidara" et d'autres chansons qui continuent de traverser les générations et de marquer toutes les périodes de la vie.
Le lendemain, une journée de deuil a commencé dans le Sud, où la discussion était centrée sur l'œuvre monumentale de l'homme. Je dirais que pour connaître la valeur d'une personne, il faut écouter attentivement les témoignages à son sujet. Cela dit, l'artiste peut mourir, mais son travail reste éternel, surtout lorsqu'il est aussi riche que la musique de Pascal Kéno Diatta.
Par conséquent, nous insistons pour que les jeunes artistes de notre communauté travaillent sur la bonne qualité des produits qu'ils nous offrent. Être populaire est bien, mais à long terme, en traversant les générations, pour le grand bonheur de ses descendants. Si les "Rastafari" jamaïcains ont Bob Marley, nous, les Balantes, avons également Pascal Kéno Diatta, qui restera toujours le grand révolutionnaire de la culture balante.
Mes pensées vont à Sona Mané (sur la photo à droite de lui), sa femme de l'époque, qui porte toujours la flamme avec le Njaama Naaba qu'elle dirige avec sa belle voix soutenue par sa sagesse magistrale. Avoir ces personnes dans notre communauté était et restera chanceux. Nous devrions toujours leur rendre hommage, surtout pendant leur vie.
Nous, les jeunes Balantes, ne devrions pas laisser ce patrimoine qui nous a été transmis par nos ancêtres mourir. De la langue à la culture, préservons-le. Car un homme sans identité est comme un poulet sans plumes ou un arbre sans racines. De l'ombre à la lumière, Kéno sera toujours très haut et plus haut que jamais dans le panthéon de l'histoire des Balantes qui ont marqué leurs périodes.
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